Treehouse of Horror XXXVI : notre verdict sur l’épisode Halloween choc de la saison 37
Salut les fans inconditionnels des Simpson !
Chaque année, c’est le même rituel : dès que les citrouilles envahissent les vitrines, on attend LE grand rendez-vous macabre de la saison, celui qui nous fait basculer hors continuité officielle pour trois segments d’humour noir, de gore assumé et de private jokes bien senties. Cette fois, c’est « Treehouse of Horror XXXVI », troisième épisode de la saison 37 et 793e épisode de la série dans son ensemble, qui s’y colle. Diffusé le 19 octobre 2025 sur Fox avant d’arriver sur Disney+ le 27 octobre, ce trente-sixième chapitre de la saga d’horreur signée Springfield a fait couler beaucoup d’encre chez les critiques anglo-saxons. On a regardé, décortiqué, et on vous livre notre verdict complet, segment par segment.
Un menu d’horreur en trois actes, avec un fil rouge inattendu
Ce qui frappe d’entrée avec ce Treehouse of Horror XXXVI, c’est sa cohérence thématique. Le co-showrunner Michael Price l’a confirmé en interview : les trois segments suivent une progression chronologique autour de l’environnement, du passé au futur lointain. On part d’une catastrophe bien contemporaine (la graisse qu’on jette dans nos éviers), on passe par un flashback façon found footage des années 90, et on termine dans un futur post-apocalyptique où l’humanité croule littéralement sous le plastique. Un vrai fil conducteur, rare dans ce format habituellement composé de sketches indépendants.
Petit détail amusant repéré par les fans les plus attentifs : le troisième segment fait des clins d’œil visuels aux deux premiers, avec des bidons de saindoux et des citrouilles en plastique qui réapparaissent en arrière-plan. La writers’ room a visiblement pris soin de faire de cet épisode un tout, et pas juste trois idées collées bout à bout.
Segment 1 : « The Last Days of Crisco », quand la graisse attaque
Premier acte, écrit par Broti Gupta : un mystérieux monstre surgit des égouts de Springfield après le vol de graisse chez Lard Lad Donuts. Le pitch, hommage assumé aux Dents de la mer et à The Blob (version 1958 et remake 1988), tourne autour d’un « fatberg » — ces amas de graisse qui bouchent réellement les canalisations dans la vraie vie, l’idée venant d’un article lu par le co-producteur exécutif Jeff Westbrook. Le chef Wiggum y passe très tôt, entraîné dans un évier par un tentacule gluant, ce qui pousse Lou à prendre sa place. S’ensuit un dilemme très Springfieldien : fermer la foire du comté pour limiter les fritures qui nourrissent la créature, ou la laisser ouverte pour ne pas froisser Homer, propriétaire d’une usine de graisse. Sans surprise, la logique économique locale l’emporte, la foire reste ouverte, le fatberg attaque en pleine fête et fait un carnage — Bart y compris. Homer finit par se sacrifier en se faisant dévorer, ce qui tue littéralement la créature, incapable de digérer un tel taux de graisse. Une pirouette so Homer.
C’est unanimement le segment jugé le plus faible par la critique anglo-saxonne : Marcus Gibson (Bubbleblabber) et Daniel Kurland (Bloody Disgusting) pointent tous deux un scénario un peu bancal dans sa logique interne, même si le concept de base fait sourire. On rejoint cet avis : l’idée est excellente sur le papier, mais l’exécution manque parfois de mordant comparée à ce qui suit.
Segment 2 : « Clown Night with the Devil », le meilleur des trois
Écrit par Michael Price, ce deuxième acte parodie ouvertement le film d’horreur « Late Night with the Devil » (2023). On y suit, en found footage, une émission spéciale Halloween animée par Krusty le clown en 1995. Mr. Teeny le chimpanzé se retrouve possédé par Satan (doublé par un Idris Elba absolument savoureux) et arrache le visage de Sideshow Mel à coups de dents. L’équipe abat le pauvre singe, mais le Diable transfère sa possession vers… Ralph Wiggum, qui se met à massacrer le public en direct. La raison de sa venue : récupérer son dû, un pacte que Bart avait conclu avec lui pour faire annuler des programmes éducatifs concurrents et sauver l’émission de Krusty. Bart s’offre finalement en sacrifice à la place de son idole. Retour au présent : Krusty tente de vendre les images à des exécutifs Netflix totalement dubitatifs, laissant le clown (et Satan) dépités.
C’est le segment que la quasi-totalité des critiques cite comme le clou du spectacle. Daniel Kurland le qualifie de « dérangeant, avec une vraie brutalité assumée », et c’est exactement ça : un mélange de found footage bien maîtrisé, d’humour noir mordant et d’une prestation vocale d’Idris Elba qui vole clairement la vedette. On partage totalement cet enthousiasme : l’idée de transposer l’esthétique de « Late Night with the Devil » à l’univers de Krusty est maligne, et l’exécution tient toutes ses promesses, entre gore assumé et satire du monde du streaming.
Segment 3 : « Plastic World », Mad Max chez les Simpson
Dernier segment, signé Dan Greaney : mille ans dans le futur, un monde ravagé où les dinosaures fossilisés en pétrole sont devenus… du plastique, submergeant intégralement la planète. Dans ce far-west post-apocalyptique très inspiré de Waterworld et de la saga Mad Max (jusqu’à une référence directe à Furiosa, Bart appelant Lisa « Fugliosa »), les humains survivants s’entretuent pour un peu de nourriture. Lisa, ayant perdu sa famille dans une avalanche de plastique, part creuser à la recherche de terre fertile et tombe sur un Kwik-E-Mart intact, rempli de provisions. Elle y affronte la faction de Bart, avant que le duo ne découvre que leurs parents, tombés dans des déchets nucléaires, sont devenus des « personnes en plastique » mangeuses de plastique — Homer y retrouvant d’ailleurs l’apparence de sa version 3D culte de « Homer³ » (Treehouse of Horror VI). Le twist final est savoureux : la narratrice de tout ce récit, doublée par Viola Davis, se révèle être Maggie elle-même, devenue plastique après que ses parents ont été aspirés dans la machine à Squishee. Le monde entier finit peuplé de « Maggie en plastique », dans ce qu’elles appellent… Maggieworld.
Visuellement, c’est une claque : le studio Xentrix a géré l’animation 3D des personnages en plastique, mélangée à la 2D traditionnelle, et le résultat est bluffant. Mike Celestino (Laughing Place) salue justement cette fusion des techniques, tandis que Marisa Roffman (Give Me My Remote) met en avant la performance de Viola Davis en narratrice-Maggie. Le générique de fin, sur une reprise de « What a Wonderful World » par Joey Ramone qui accompagne un lent travelling arrière sur les figurines en plastique, est un des plus beaux — et les plus mélancoliques — de toute l’histoire de la franchise Treehouse of Horror.
Un casting cinq étoiles pour l’occasion
Cette édition ne lésine pas sur les guest stars, et chacune a un vrai rôle à jouer plutôt qu’un simple caméo :
- Idris Elba dans la peau du Diable, avec des lignes enregistrées depuis Londres — sans doute la prestation la plus marquante de l’épisode.
- Viola Davis en narratrice / Maggie en plastique, dont le casting est né d’une blague d’écriture autour d’un magazine trouvé par Milhouse.
- Michael Keaton, de retour dans la série (il avait déjà prêté sa voix dans l’épisode « Pokey Mom » en saison 12) pour incarner Hal Julian, un producteur inspiré de son propre rôle dans le film Night Shift (1982).
- Ike Barinholtz en Wayne the Grip, technicien de plateau du segment found footage.
- Matt Groening himself, qui apparaît dans le générique d’ouverture façon Onion, réalisé par l’animateur invité Stan Kelly (alias Ward Sutton), venu du célèbre site satirique The Onion.
On note aussi une anecdote de coulisses savoureuse : Ward Sutton avait proposé six pistes différentes pour ce générique, toutes à connotation politique, et a travaillé plusieurs mois à distance avec l’équipe avant de rencontrer les créateurs en personne au Comic-Con de San Diego 2025.
Ce qu’en dit la critique outre-Atlantique
Du côté des audiences, l’épisode a cartonné : diffusé juste après un doubleheader NFL, il a rassemblé 4,08 millions de téléspectateurs et signé la meilleure audience de la soirée sur Fox. Côté presse spécialisée, l’accueil est globalement très positif :
- Nick Valdez (Comicbook.com) le qualifie carrément de « meilleur Treehouse of Horror depuis des années », saluant des segments plus gores que d’habitude et une vraie ambition créative.
- Marcus Gibson (Bubbleblabber) attribue un 7,5/10, pointant un premier segment un peu faible mais une animation et un doublage remarquables sur les deux derniers actes.
- Daniel Kurland (Bloody Disgusting) donne 3/5, avec une préférence marquée pour le segment Krusty/Diable, jugé le plus réussi et le plus dérangeant.
- Nick Valdez a ensuite classé l’épisode 2e de toute la saison 37 dans son classement « pire au meilleur », soulignant qu’il « dépasse largement bien des épisodes classiques de la saison ».
Notre verdict SimpsonClub
Alors, ce Treehouse of Horror XXXVI mérite-t-il sa réputation de meilleur cru récent ? On dirait bien que oui, avec une réserve sur le premier segment. « The Last Days of Crisco » a un concept malin (le fatberg tueur, clin d’œil à un vrai phénomène urbain) mais son rythme et sa résolution manquent un peu de punch comparés à ce qui suit. En revanche, « Clown Night with the Devil » est un petit bijou d’écriture : found footage bien exploité, Idris Elba impérial, et une vraie tension horrifique rare dans la série. Quant à « Plastic World », c’est visuellement le segment le plus ambitieux jamais produit pour un Treehouse of Horror, porté par un twist final mélancolique et un des plus beaux génériques de fin de toute la franchise.
Au global, on donnerait à cet épisode un solide 8/10 : moins régulier qu’un grand cru parfait sur ses trois segments, mais suffisamment audacieux, gore et bien doublé pour rester longtemps en mémoire des fans. Une chose est sûre : après 36 éditions, la franchise Halloween des Simpson prouve qu’elle sait encore se réinventer.
Et vous, quel a été votre segment préféré ?
« The Last Days of Crisco », « Clown Night with the Devil » ou « Plastic World » ? Dites-nous en commentaire lequel vous a le plus marqué, et si vous placez ce Treehouse of Horror XXXVI parmi les meilleurs de la franchise !
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Article publié sur SimpsonClub.space • Juillet 2026

